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Intervention devant les Ultramarins - QG 29 mars

Mes chers amis,

Bienvenue !

J’ai voulu aujourd’hui vous accueillir au siège de ma campagne, vous qui avez en partage un lien personnel avec nos Outre-mer.
Parce que vous y êtes né ou que vos familles y vivent.
Ou tout simplement parce que, comme moi, vous aimez nos Outre-mer, cette part infiniment précieuse de la France.
Vous connaissez mon projet pour la France : c’est celui du redressement national.
Vous connaissez l’objectif que je propose aux Français : je veux que nous retrouvions le plein emploi et que dans 10 ans la France soit la première puissance européenne.
Mais la France ne sera grande que si les Outre-mer s’épanouissent pleinement dans la République.

Ce n’est pas le cas aujourd’hui.
Le mandat de François Hollande s’achève de manière piteuse, à l’image de la ministre de l’environnement, Ségolène Royal, écourtant son déplacement catastrophique en Guyane : une conférence internationale interrompue par des manifestants, des délégations étrangères interloquées et l’inauguration du pont sur l’Oyapock annulée.
Madame Royal a laissé derrière elle une Guyane désespérée par plusieurs mois de discussions stériles autour du Pacte d’avenir, en proie désormais à des mouvements sociaux de grande ampleur.
Pourtant, les ministres parcourent ces jours-ci les Outre-mer stylo et carnets de chèques à la main, le Président Hollande multiplie à quelques semaines de la fin de son mandat les initiatives mais, tout cela, ce ne sont que des chèques en bois destinés à masquer une vérité : les socialistes ont beaucoup promis, mais ils ont peu agi en Outre-mer.

La « Cité des Outre-mer » en est le meilleur exemple : une inauguration en grandes pompes à Paris alors que le plan de financement n’est pas bouclé, qu’aucune convention constitutive n’a été conclue, qu’aucun projet architectural n’a été préparé.
Tout cela n’est pas sérieux.
Pour ma part je veux agir immédiatement pour les Outre-mer. Je ne veux pas agir dans 10 ou 20 ans comme nous le propose la loi égalité réelle.

Je veux d’abord garantir la sécurité pour tous.
Aujourd’hui les Guyanais expriment fortement leur ras le bol. Je les comprends.
En Nouvelle-Calédonie, la délinquance explose et la libre circulation n’est plus garantie, ce n’est pas acceptable.
Sur les cinq départements les plus violents de France, trois sont des départements d’Outre-mer, tandis que La Réunion se classe en 10e position.
C’est la réalité, et c’est l’échec majeur de la majorité au pouvoir depuis 5 ans.
Il faut donc des moyens supplémentaires pour les forces de sécurité et pour la justice. Il faut aussi des places de prison supplémentaires pour que les peines de prison soient effectuées.
Et il faut une volonté, des instructions claires et une politique pénale qui ne laisse plus de place à l’impunité.
Je veux aussi refaire de la lutte contre l’immigration clandestine une priorité, à Mayotte et en Guyane notamment où la situation est critique : l’accès à la nationalité y sera conditionné par le séjour régulier des parents.

L’urgence ensuite, c’est de s’attaquer à ce mal endémique qu’est le chômage, notamment des jeunes.
Et je ne connais qu’une seule solution : donner les moyens aux entreprises ultramarines de créer davantage d’emplois..
L’urgence, c’est de libérer cette force économique et de s’appuyer sur le formidable potentiel des Outre-mer : la croissance bleue, les énergies renouvelables, la valorisation touristique du patrimoine naturel notamment.
C’est aussi faire de nos Outre-mer les échelons avancés du « Made in France » dans leur environnement régional.
Pour cela, je veux mettre fin à la bureaucratie insupportable et au foisonnement de normes qui entravent les acteurs économiques. Je veux un Etat qui accompagne et qui cesse de bloquer les projets.
Je veux redonner de la liberté aux départements d’Outre-mer qui pourront simplifier certaines normes et les adapter aux réalités locales par le biais des habilitations ou des expérimentations prévues par la Constitution.

Et je propose aussi des mesures puissantes pour la création d’emplois : une stabilité des aides de l’Etat sur 10 ans et la création d’un statut « entreprise franche outre-mer » pouvant aller pour les secteurs les plus exposés à la concurrence jusqu’à une exonération totale de droits et taxes.
Je veux aussi des opérateurs de l’Etat mobilisés pour le développement économique, l’AFD et Bpifrance notamment, y compris dans nos collectivités d’outre-mer du Pacifique.

Mes chers amis,
Je n’oublie pas que les Outre-mer font face à des difficultés particulières qui exigent que s’exprime pleinement la solidarité nationale.
D’abord, l’Etat doit reprendre toute sa place dans la politique de continuité territoriale qui est l’expression même du lien entre la métropole et les Outre-mer.

Ensuite, l’éducation doit concentrer tous nos efforts. Mon programme national comporte déjà des mesures extrêmement fortes. Je veux y ajouter pour les Outre-mer un plan massif de lutte contre l’illettrisme et des mesures supplémentaires pour l’insertion des jeunes en difficulté.

Je veux aussi réduire les inégalités dans le domaine de la santé en modernisant l’offre hospitalière.

Je veux atteindre l’objectif de 150 000 logements à construire ou rénover sur 10 ans.

Je n’oublie pas enfin que la richesse des différentes cultures fait rayonner la France dans le monde : il faut valoriser cet apport pour faire vivre notre diversité culturelle.

Et je veux, dans ce cadre, soutenir une affirmation constructive de l’histoire des Outre-mer qui consolide le vivre ensemble et qui valorise la mémoire des victimes de l’esclavage.

Mon programme pour l’Outre-mer, dont je viens d’esquisser les grandes lignes, comporte aussi des mesures spécifiques pour chaque collectivité.
Permettez-moi d’évoquer la Nouvelle-Calédonie.
Ma préférence est claire, connue, constante : je souhaite le maintien de la Nouvelle-Calédonie dans la France.
Je respecterai, bien entendu, l’Accord de Nouméa.
Je souhaite préparer le scrutin de 2018 en organisant, juste après l’élection présidentielle, des « Etats généraux de l’avenir » dont les habitants seront directement les acteurs pour imaginer ensemble la Nouvelle-Calédonie de demain.

Je veux aussi vous dire ma volonté de refonder les relations entre l’Etat et la Polynésie française dans un « pacte de stabilité et de développement » qui réaffirme l’autonomie de la Polynésie française dans la République, garantisse sa libre gouvernance et accompagne l’insertion de la collectivité dans son environnement régional.
Mais je me refuse à l’idée que ce lien soit distendu dans le statut de « Pays associé » que Monsieur Flosse, reniant ses valeurs, et Madame Le Pen, par opportunisme électoral, nous concoctent. Le « Pays associé », c’est le premier pas vers une indépendance dont les polynésiens ne veulent pas.

Je veux dire aussi ma détermination à placer enfin la Guyane sur les voies d’un développement économique fort et durable, s’appuyant sur les formidables atouts naturels du territoire.
Depuis 5 ans le gouvernement socialiste ne prend pas la mesure des immenses défis qui se posent à ce territoire. Dès mon élection, je demanderai au Ministre en charge des Outre-mer de se rendre en Guyane pour renouer le dialogue et je signerai un Pacte d’avenir qui soit à la hauteur de ce que nos concitoyens attendent légitimement de l’Etat, c’est-à-dire au premier chef de la considération et des solutions opérationnelles à leurs problèmes concrets.

Je veux vous dire enfin ma détermination à offrir à la population du 101ème département de France, Mayotte, un meilleur cadre de vie et une sécurité accrue.

La Réunion, qui m’a réservé il y a un mois un accueil si chaleureux, la Guadeloupe et la Martinique où je me suis rendu l’an passé, pourront bénéficier pleinement de mon programme pour l’Outre-mer mais aussi de mesures spécifiques qui ont pour objectif commun de valoriser leurs atouts pour créer des emplois et offrir à leur jeunesse une autre perspective que celle du chômage ou du départ.

Et je n’oublie pas Saint-Pierre-et-Miquelon, Saint-Martin, Saint-Barthélemy et Wallis-et-Futuna qui viennent dans leurs élections territoriales de témoigner à nouveau de leur confiance à des élus de grande qualité appartenant à notre famille politique.

Et parce que beaucoup d’entre vous ont fait le choix de vivre ici dans l’Hexagone, je veux vous dire ma volonté de renforcer la délégation interministérielle à l’égalité des chances des français d’Outre-mer que j’ai créée en 2007 en la confiant à Patrick Karam.

Je veux aussi favoriser le retour des fonctionnaires dans leurs départements d’origine, en donnant davantage de compétences aux CAP locales pour les postes pourvus par voie de mutation.

Je veux enfin accentuer la lutte contre la Drépanocytose en faisant de cette maladie une grande cause nationale de santé publique.

Mes chers amis, il me reste à vous remercier.
Je sais ce que la France doit à ses Outre-Mer qui sont une part majeure de sa grandeur et de son rayonnement dans le monde.

A travers vous, c’est bien le message universel de notre pays qui s’exprime, ces valeurs de la République qui nous réunissent par-delà les mers, et qui font de notre pays une Nation à nulle autre pareille.
Ensemble, nous sommes la France.
Et il est donc plus que temps d’agir pour les Outre-mer.
C’est ce que je vous propose que nous fassions ensemble et ça commence dans un mois !

Vivent les Outre-mer, vive la République, et vive la France.


30 mars 2017